L’île Heureuse de Faneva
                                       
J’ai rencontré Faneva à Madagascar, son île, et j’ai été touchée par son histoire hors du commun.
 Faneva est l’incarnation du paradoxe malgache.

Née avec une malformation cardiaque lourde, son état nécessitait des soins médicaux que sa famille ne pouvait assumer et qui la confièrent à de proches amis fortunés. Ces derniers l’ont alors adoptée et élevée comme leur fille. Ce fut le début d’une double vie, familiale et sociale, qui dura 20 ans, la moitié de la semaine se déroulant dans cadre bourgeois de sa famille d’accueil, avec chauffeur et gouvernante, pour retourner tous les week-end dans son village natal, auprès de sa famille biologique aux moyens très modestes.
 Elle a depuis perdu ses parents adoptifs dans un tragique accident de voiture, et cumule trois activités professionnelles afin de mettre, à son tour, sa famille à l’abri du besoin et s’offrir une vie meilleure.
 A la fois pauvre et privilégiée, elle porte un regard tendre mais lucide sur son île.
 Madagascar figure parmi les pays les plus pauvres et les plus corrompus du monde. Sur ce territoire aux multiples richesses naturelles, aucune politique stable n’a pu s’établir depuis 40 ans, il n’y a pas d’infrastructures, pas de routes et les réseaux de distribution d’énergie sont quasi inexistants.
 Avec le développement d’Internet, les jeunes générations qui ont accès à l’information souhaitent un changement significatif de fonctionnement de leur société.
 Mais les traditions insulaires restent vives, et ces jeunes malgaches sont acteurs d’une très lente transition, dans un pays où co-habitent une véritable volonté de changement, avec une corruption ancrée dans toutes les couches de la société, et des coutumes fondatrices de l’identité malgache, chères à tous, mais fragilisées par l’évolution des mœurs.




©Cecile Burban - All rights reserved